5 choses à savoir sur le deuil périnatal

 

  1. L’ampleur du deuil ne correspond en rien aux nombres de semaines de grossesse

Le deuil d’un enfant n’est jamais facile, car il n’est pas dans l’ordre des choses. En effet, un enfant n’est pas censé mourir avant son parent et encore moins avant de naître.

Toutefois, l’attachement des parents pour leur enfant débute parfois même avant la conception. On s’amuse à l’imaginer, à rêver tout ce que l’on pourrait faire avec cet enfant, on lui choisit un nom… Bref, de rêver un bébé, de lui parler lorsqu’il est dans le ventre de sa mère, de lui créer un cocon à la maison sont tous des gestes d’attachement qui rendent cruelle la perte périnatale. Plus les parents auront investi cet enfant, plus le deuil sera important et ce qu’il décède à cinq ou trente-deux semaines de grossesse.

 

  1. L’entourage peut ne pas comprendre votre détresse

Les gens de notre entourage peuvent froidement voir la fausse-couche comme une correction d’une erreur de la nature. Ils peuvent dire aux parents éplorés : « c’est mieux comme ça », « une chance qu’il est décédé si jeune comme ça vous n’aura pas eu le temps de le connaître », « vous êtes jeunes vous pourrez en avoir d’autres ».

Ces phrases toutes faites ont pour, effet de nier ou de minimiser le deuil des parents. Ces derniers se sentiront alors incompris, ils auront de la colère pour leur entourage, ils se sentiront coupables ou faibles de ressentir de la peine…

Nous n’avons pas de contrôle sur les valeurs et les pensées des gens. Toutefois, les parents peuvent affirmer calmement leurs sentiments et leur point de vue à leur entourage afin qu’ils soient conscientisés. Toutefois, rien ne sert d’essayer de convaincre ces gens, vous pouvez plutôt prendre une pause de ces personnes le temps que vous vous portiez mieux.

Il faut aussi comprendre que notre entourage n’est pas malveillant, mais plutôt mal à l’aise avec votre situation et maladroit dans leurs paroles. Il se peut aussi que votre deuil réveille le deuil périnatal que vous ne connaissez même pas chez les gens de votre entourage.

 

  1. Les hommes et les femmes vivent leur deuil différemment

Il est intéressant de savoir qu’il y a une différence entre le deuil chez les pères et celui des mères. Les femmes ont plus tendance à exprimer leurs émotions, à verbaliser leurs malaises, à se replier dans leur chagrin et leurs idées dépressives. Les hommes, quant à eux, intériorisent plus leurs émotions et se mettent en action pour chasser leurs malaises dus au deuil en travaillant plus, en s’entrainant démesurément, en sortant plus souvent avec leurs amis, en développant de nouveaux loisirs…

Les femmes peuvent se sentir délaissées par leur conjoint s’il s’active beaucoup, elles peuvent l’accuser de ne pas vouloir partager leur deuil avec elle… Les hommes, eux, peuvent se sentir mal à l’aise que leur conjointe ne quitte pas le divan pendant plusieurs jours.

Il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises façons de réagir au deuil, mais il y a une urgence d’établir une communication ouverte dans le couple afin de le préserver. Accepter les différentes de manières de vivre son deuil est un bon premier pas.

 

  1. Les rituels font du bien

Les rituels sont un baume qui peut adoucir le deuil et aider les parents à le traverser. Planter un arbre, allumer une lanterne, fleurir la tombe de son enfant, se prendre une journée de congé annuel pour célébrer la naissance du bébé qui est décédé sont tous des petits gestes qui rendront plus tangible l’existence de ce petit et permettront aux parents de se recueillir et de célébrer. 

Les rituels sont aussi importants pour les autres enfants de la famille, car ils auront eux aussi un espace pour leur peine et rendra plus compréhensible la peine de leurs parents.

 

  1. Le processus de deuil ne se fait pas en ligne droite

Le deuil est un peu comme des montagnes russes d’émotions que l’on se doit de vivre afin qu’il se règle et ne revienne pas nous hanter lors d’un prochain deuil. En effet, des émotions telles que la honte, la culpabilité, la tristesse, la paix, la colère se côtoient au jour le jour sur des périodes plus ou moins longues. Il faut se permettre de les vivre, de les nommer, d’en parler à une oreille sans jugement, de les écrire, de les peindre…

On peut parfois avoir l’impression que tout est fini suite à deux belles journées calmes et retombées la troisième journée. Il ne faut pas se décourager et accepter la marche du temps.

Bref, le deuil prend du temps et il ne faut pas se juger dans ce processus, mais le vivre. Il ne faut pas hésiter à consulter un professionnel si l’on sent que l’on perd pied, si l’on reste trop longtemps pris dans une émotion comme la tristesse qui peut se transformer en dépression… Participer à un groupe de parents endeuillés peut aussi être bénéfique, car quoi de mieux qu’un autre parent endeuillé pour vous comprendre.

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