Messieurs les docteurs

Message d’intérêts à mes trois amis les Dr. Libéraux

À cause de vous j’ai mal à mon pays, mal à ma société, mal à mon idéalisme, mal à mon rôle de parent et à ma profession d’aidante. Vous ne cessez de jouer dans mes valeurs de solidarité, d’entraide et dans mon ultime croyance aux bienfaits de la prévention. En effet, à cause de mes valeurs et de ma naïveté, je ne redoutais pas d’avoir des enfants avec des problématiques, car je croyais que je ne serais pas seule pour les épauler, car ma société serait là pour prendre soin d’eux si tel était le besoin.

Toutefois, je me rends compte que j’ai été bien naïve, car la course aux services est ardue et risque de l’être de plus en plus, car votre gouvernement et son austérité font disparaître petit à petit tout soutien pour ma famille et toutes celles du Québec. Vos coupes budgétaires signifient un abandon littéral des familles vivant dans un contexte de défavorisation ou ayant des besoins spéciaux.

Il me désespère donc de voir trois médecins, censés être conscientisés par leur profession à promouvoir la prévention, couper les mesures sociales agissant comme facteurs de protection pour vos concitoyens. Ces coupes budgétaires auront pour effet de transformer les membres de famille avec des fragilités en citoyens de seconde zone qui n’arriveront plus à se sortir la tête de l’eau.

Le RQAP, les CPE, les mesures de soutien pour les services de garde en milieu familial accueillant des enfants venant de milieu défavorisé, l’achat de livres dans les écoles, l’aide aux devoirs, les services aux élèves, la nourriture distribuée dans les écoles ne sont pas des luxes comme vous semblez le prétendre, mais plutôt des remparts pour outiller les enfants contre les difficultés de la vie. Ces mesures sont ce qui fait qu’un enfant se développe bien, ne décroche pas et ultimement peut mener une vie épanouissante en étant un « bon-travailleur-payeur-de-taxes » qui amènera des sous au gouvernement.

Ce n’est pas moi qui le dit, mais les multiples études que nous croisons dans les journaux, sur le web et parfois même dans les livres, vous savez ces documents imprimés sur du papier ou numériques dans lequel on peut faire des apprentissages pour mieux structurer notre pensée et ouvrir nos horizons. Ah! mais j’oubliais, la lecture n’est pas votre fort. En effet, vous préférez faire de savants calculs dans vos bureaux très loin des Québécois qui peinent à nourrir leurs enfants, loin des intervenants en CSSS ou dans les organismes communautaires qui ne peuvent qu’offrir une aide insuffisante par manque de moyens financiers, loin des enseignants qui peinent à faire leur travail dans des classes où les enfants ayant des besoins spéciaux ne reçoivent pas de services.

Il y a tant à écrire sur la prévention, sur les enfants, sur les trésors que l’on peut faire jaillir des familles en difficultés qui reçoivent un coup de pouce, mais j’ai bien peur que votre cœur soit trop dur et que votre illettrisme avoué et volontaire vous empêche de vous laisser toucher par mes mots. Je ne peux que souhaiter qu’une brèche apparaissent soudain dans votre cerveau et fasse jaillir un soupçon d’humanisme qui vous permettrait de réaliser que nous sommes tous à risque de vivre des turpitudes de la vie qui mènent à des troubles de santé, à de la pauvreté ou à de l’itinérance. Toutefois, je crois que mon idéalisme et ma croyance en la bonté de l’homme sont encore en train de me jouer des tours. Il faudrait que je me fasse à l’idée que pour rien au monde vous ne quitterez votre trône doré, vos primes autonégociées pour descendre voir ce qui se passe dans la rue que vous honnissez profondément.

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